Plongée à Sal, Cap-Vert : requins, tortues et épaves

Requins, tortues et plongée à Sal au Cap-Vert : ce qui vous attend vraiment


Non, on ne plonge pas en cage avec des requins à Sal. On se tient debout, de l'eau jusqu'aux genoux, pendant que de jeunes requins-citrons de moins d'un mètre passent en petits groupes. C'est une rencontre calme avec des animaux sauvages, pas un sport à sensations.

Voici ce que l'île offre réellement sous l'eau et sur le sable la nuit — et trois points qu'un plongeur venu de France doit régler avant de réserver.


L'essentiel en chiffres

Shark Bay : requins-citrons juvéniles, de l'eau jusqu'aux genoux, chaussures d'eau obligatoires à 2 à 3 € de location.

Les tortues caouannes pondent la nuit de juillet à octobre, les éclosions ont lieu de septembre à décembre. Sortie encadrée : 25 à 35 € par personne.

Le baptême de plongée coûte environ 115 €, initiation en piscine comprise.

L'eau est entre 22 et 27 °C selon la saison.


Shark Bay : ce qui s'y passe, et ce qui ne s'y passe pas

Les baies rocheuses peu profondes et tièdes servent de nurserie aux jeunes requins-citrons. L'eau basse les protège des prédateurs du large ; dès qu'ils grandissent, ils gagnent les eaux profondes et la génération suivante prend leur place.

Les chaussures fermées ou chaussures d'eau sont obligatoires : la roche volcanique est coupante et des oursins vivent dans les creux. On en loue sur place pour 2 à 3 €. À marée basse, l'eau est généralement la plus claire et les requins s'approchent davantage.

Ne pas toucher, ne pas nourrir, marcher lentement

Toucher, soulever et nourrir les animaux est strictement interdit. Le contact les stresse et abîme leur peau ; le nourrissage leur apprend à associer l'homme à la nourriture, ce qui finit par nuire aux deux.

Marcher lentement sert deux fois : cela évite de poser le pied sur une pierre tranchante ou un oursin, et cela ne soulève pas le fond. Les visiteurs calmes obtiennent d'ailleurs les meilleures rencontres, les gestes brusques faisant fuir les requins.

Les guides officiels locaux protègent visiteurs et animaux en même temps, veillent au respect des règles et expliquent ce que l'on voit. Passer par eux fait aussi vivre la communauté qui gère le site.


Les tortues : la ponte de juillet à octobre

De juillet à octobre, les femelles de tortue caouanne (Caretta caretta) montent de nuit sur les plages abritées comme la Costa da Fragata et Kite Beach. Chaque femelle creuse un nid, pond, recouvre et repart à la mer — souvent plusieurs fois dans la même saison.

Environ deux mois plus tard, de septembre à décembre, les nouveau-nés quittent le nid, presque toujours de nuit, et traversent le sable vers l'eau. Très peu atteindront l'âge adulte.

Lumière rouge uniquement, et guide certifié

Les lampes blanches, les lampes de téléphone et le flash sont interdits sur les sorties nocturnes. La lumière vive perturbe les femelles en train de pondre et attire les nouveau-nés loin de la mer. Les guides travaillent à la lumière rouge.

Gardez vos distances : on ne touche ni les adultes ni les juvéniles. Une femelle dérangée interrompt la ponte et retourne à l'eau sans avoir pondu.

Ne réservez qu'auprès de guides de conservation certifiés, par exemple dans le cadre de Project Biodiversity. Ces sorties suivent des protocoles fixes, limitent la taille des groupes et financent la protection locale. Comptez 25 à 35 € par personne.

Et si vous croisez une tortue ou des nouveau-nés par hasard : reculez, éteignez toutes les lumières et signalez-le à une organisation locale de protection.


Le calendrier des animaux ne recoupe celui des vols directs qu'à moitié

Voilà le point que vous ne trouverez dans aucune version de cette page, et il décide de ce que vous verrez.

Les vols directs depuis la France ne volent que d'octobre à mars. Or la ponte des tortues court de juillet à octobre : la seule fenêtre où un voyageur en vol direct peut en assister à une, c'est octobre, autrement dit les vacances de la Toussaint.

Les éclosions, en revanche, s'étendent de septembre à décembre et se superposent bien mieux : octobre, novembre et décembre sont tous accessibles en vol direct. Pour voir des nouveau-nés rejoindre la mer, un séjour de Toussaint ou de Noël est le bon choix.

Et les baleines à bosse passent au large de mars à mai, parfois visibles depuis le bateau ou même de la côte. Là encore, seul mars tombe dans la fenêtre des vols directs. En avril et en mai, il faut passer par Lisbonne.

Si vous venez hors de ces périodes, Shark Bay, le masque et la plongée fonctionnent toute l'année — ce sont les rendez-vous saisonniers qui demandent de choisir sa date.


Masque et tuba : trois endroits

Le ponton de Santa Maria (Pontão). La zone autour de la jetée et les platiers peu profonds forment le site le plus simple, accessible directement depuis la plage. Les poissons se rassemblent autour des piliers et près des rochers. Attention aux bateaux et aux pêcheurs au travail.

Calheta Funda et la baie de Murdeira. La côte ouest offre une eau abritée et un fond rocheux riche en poissons. Chaussures d'eau recommandées pour l'entrée caillouteuse.

En bateau, on atteint des sites supplémentaires que l'on ne peut pas rejoindre à la nage.


Les sites de plongée

La plongée sous-marine à Sal tient à deux choses : une épave facile et un relief volcanique spectaculaire.

L'épave du Santo Antão, dans la baie de Santa Maria, est une plongée peu profonde très appréciée, peuplée de poissons et accessible en sortie bateau.

Les grottes et surplombs volcaniques sont la signature de l'île : plongées en grotte à Buracona et à Regona, aiguilles rocheuses de Tchuclassa, réservées aux plongeurs expérimentés.

Côté faune, avec un peu de chance : raies pastenagues, murènes, requins-nourrices, poissons-trompettes, et parfois des raies mantas.


Trois choses à régler avant de plonger avec un brevet français

Il n'existe aucun caisson de décompression dans l'archipel

C'est l'information la plus importante de cette page, et elle vient des conseils aux voyageurs du Quai d'Orsay : il n'y a pas de caisson de décompression au Cap-Vert, et aucun dispositif de secours en mer dans le pays.

Un accident de décompression implique donc une évacuation aérienne vers un autre pays. Deux conséquences concrètes : vérifiez noir sur blanc que votre assurance — licence fédérale, contrat DAN, assurance de carte bancaire ou contrat de voyage — couvre la plongée hors de France, l'évacuation sanitaire et le traitement en caisson. Et plongez avec des marges : profils conservateurs, paliers de sécurité, pas de profondeur inutile.

Votre Niveau 1 ou 2 est une carte CMAS

Le Niveau 1 de la FFESSM correspond au CMAS 1 étoile, reconnu dans plus de 130 pays, et autorise la plongée encadrée jusqu'à 20 mètres. Le Niveau 2 ajoute l'autonomie à 20 mètres et l'encadré à 40.

Deux remarques utiles. D'abord, la différence avec le PADI Open Water n'est pas celle qu'on croit : le N1 plonge encadré à 20 m, l'Open Water en autonomie à 18 m. À Sal, où toutes les plongées se font guidées, cette restriction du N1 ne change rien en pratique.

Ensuite, certains centres à l'étranger préfèrent le PADI. Emportez donc la carte CMAS plastifiée, pas seulement le brevet papier, avec votre carnet de plongée et un certificat médical récent, et écrivez au centre avant de partir pour confirmer que votre niveau est accepté sur les sites qui vous intéressent.

Comptez 18 heures entre la dernière plongée et le vol

Les recommandations de DAN sont précises : 12 heures minimum après une plongée simple sans décompression, 18 heures après plusieurs jours de plongées répétitives, et nettement plus après des plongées à paliers obligatoires.

Avec des vols directs hebdomadaires à jour fixe, cela se planifie à l'avance : si vous avez plongé plusieurs jours de suite — ce qui est le cas de presque tous les séjours — la dernière plongée doit être terminée 18 heures avant le décollage. Pour un vol du matin, cela signifie arrêter l'avant-veille au soir, pas la veille. Prévoyez la dernière journée pour Shark Bay, le masque ou l'île en 4x4.


Questions fréquentes

Les requins-citrons sont-ils dangereux ? Shark Bay abrite des juvéniles, craintifs, qui ne sont pas considérés comme un danger pour un visiteur calme dans cette eau peu profonde. Traitez-les comme des animaux sauvages : ne pas toucher, ne pas poursuivre, ne pas nourrir, bouger lentement, suivre le guide. Le vrai risque de l'endroit reste le fond coupant, d'où les chaussures.

Peut-on observer les tortues sans guide ? Non. Les tortues marines sont protégées par la loi au Cap-Vert. Aller seul sur une plage de ponte dérange les femelles et met les nouveau-nés en danger, surtout avec de la lumière. Les guides certifiés savent comment observer en restant dans la légalité, et la participation finance le travail de protection.

Faut-il un brevet pour les épaves ? Cela dépend de l'épave et de la profondeur. Les plongeurs certifiés réservent des sorties guidées ; sans brevet, il reste le baptême de plongée à environ 115 €, avec initiation en piscine puis plongée accompagnée en mer. Les épaves profondes et les grottes exigent un brevet. Demandez au centre quels sites correspondent à votre niveau.

Le masque et tuba depuis la plage principale valent-ils le coup ? Oui : autour du ponton et sur les platiers de la baie de Santa Maria, la variété de poissons est correcte et l'accès immédiat. C'est plus clair et plus riche à Calheta Funda et dans la baie de Murdeira.