Premier voyage à Sal, Cap-Vert : conseils avant de partir 

Premier voyage à Sal : ce qu'il faut savoir avant de partir


Sal se visite facilement, mais quelques détails surprennent les voyageurs français à l'arrivée. Une taxe à régler en ligne avant le départ, une eau du robinet qui ne se boit pas, et une carte d'assurance maladie européenne qui ne sert à rien sur place.

Voici, dans l'ordre, ce qu'il faut avoir réglé avant de boucler la valise.


La taxe TSA et la taxe de séjour sont deux choses différentes

On les confond souvent, et elles ne se paient ni au même endroit ni au même moment.

La TSA, taxe de sécurité aéroportuaire, est obligatoire pour tout voyageur étranger : 3 400 escudos, soit environ 31 € par personne pour une arrivée internationale. Elle se règle en ligne sur la plateforme officielle ease.gov.cv, idéalement cinq jours avant l'arrivée.

Vous pouvez aussi la payer sur place, mais cela vous vaudra une file d'attente supplémentaire à l'immigration, après six heures de vol. Pour une famille de quatre, cela fait une vraie différence sur l'humeur du premier soir.

Attention aux sites intermédiaires : plusieurs agences proposent de faire la démarche à votre place, à un tarif nettement supérieur au montant officiel.

La taxe de séjour, elle, est encaissée par votre hébergement. Elle est de l'ordre de 2 € par personne et par nuit, à partir de 16 ans, plafonnée pour les séjours longs. Elle ne figure presque jamais dans le prix affiché lors de la réservation : prévoyez-la en espèces.

Côté formalités, aucun visa n'est exigé pour un séjour touristique. Votre passeport doit être valide, et le séjour touristique est limité à trente jours.


Votre carte européenne d'assurance maladie ne sert à rien ici

C'est le point que les voyageurs français sous-estiment le plus, et il est sérieux.

Le Cap-Vert ne fait pas partie de l'Union européenne. La carte européenne d'assurance maladie n'y a aucune valeur, et l'Assurance maladie ne prend pas en charge les soins sur place.

Le ministère français des Affaires étrangères est explicite : les capacités médicales locales sont limitées et l'accès aux médicaments peut être restreint. Une assurance couvrant l'hospitalisation, les frais médicaux et surtout le rapatriement sanitaire y est qualifiée d'absolument nécessaire. L'ambassade ne prend pas ces frais en charge.

Vérifiez ce que couvre réellement la carte bancaire avec laquelle vous avez payé le voyage : beaucoup de contrats excluent les sports nautiques, ce qui concerne directement une île où l'on vient faire du kitesurf.

Côté vaccins, les vaccinations françaises habituelles suffisent dans la plupart des cas. Selon les conditions de votre séjour, l'hépatite A et la typhoïde peuvent être conseillées : demandez l'avis de votre médecin quelques semaines avant le départ.


Rejoindre Sal depuis la France, la Belgique et la Suisse

Transavia dessert Sal sans escale depuis Paris-Orly, Lyon, Nantes et Bordeaux, de façon saisonnière et à raison d'un vol hebdomadaire par ligne. À partir du 19 juin 2026, Cabo Verde Airlines ouvre en plus un direct depuis Paris-Charles-de-Gaulle.

Depuis la Belgique, TUI fly relie Bruxelles à Sal. Depuis la Suisse, il n'existe pas de direct au départ de Genève, mais Edelweiss dessert Sal depuis Zurich. À défaut, l'escale classique passe par Lisbonne.

Comptez environ six heures de vol depuis Paris, et seulement deux heures de décalage horaire en hiver, trois en été. Pas de jet lag à récupérer.


L'eau du robinet ne se boit pas, même pour se brosser les dents

L'eau courante de Sal est de l'eau de mer dessalée. Elle convient parfaitement à la douche et à la vaisselle, mais pas à la consommation.

Achetez de l'eau en bouteille dès le premier jour, et utilisez-la aussi pour le brossage des dents. C'est la recommandation officielle, et c'est aussi le réflexe le moins coûteux à prendre.

Une gourde réutilisable est utile pour les excursions : la plupart des hôtels proposent de l'eau filtrée à volonté, ce qui revient bien moins cher que l'achat de petites bouteilles.


Le soleil est plus fort qu'il n'en a l'air

Sal est une île désertique proche du tropique. L'indice UV y est élevé toute l'année, y compris les jours où le vent donne une fausse impression de fraîcheur.

Prévoyez un indice 50+, un chapeau, des lunettes et un tee-shirt anti-UV pour les enfants. Les coups de soleil du premier jour sont le classique du séjour à Sal, précisément parce que l'alizé masque la sensation de chaleur.


Vent ou calme : les deux saisons ne proposent pas le même voyage

De novembre à avril, l'alizé de nord-est souffle fort. C'est la haute saison du kitesurf, et c'est aussi la période des vols directs depuis la France. En soirée, une petite laine n'est pas superflue.

De mai à octobre, le vent faiblit, la mer se calme et l'eau se réchauffe. C'est la meilleure fenêtre pour nager et plonger, et c'est aussi la saison de ponte des tortues marines.


L'escudo, l'euro, et la différence de change

La monnaie locale est l'escudo cap-verdien, lié à l'euro à un taux fixe : 1 € = 110,265 escudos.

L'euro est largement accepté sur Sal, mais souvent à un taux arrondi autour de 100 escudos pour 1 €. L'écart avec le taux officiel est d'environ 10 % : payer en euros revient donc, en pratique, à accepter une majoration d'un dixième sur chaque dépense. Sur une semaine, cela représente une soirée au restaurant.

Retirez sur place plutôt que de changer en France, et gardez des espèces : les petits commerces, les aluguers et la taxe de séjour ne se règlent pas par carte.


Se déplacer : taxi, alugeur, et une seule route

Pour un trajet dans Santa Maria, comptez 3 à 5 € en taxi. Pour la liaison aéroport – Santa Maria, comptez 15 à 25 € selon l'heure et votre talent pour la négociation, qui est ici une pratique normale et sans agressivité.

Les aluguers, les minibus collectifs, coûtent 100 à 150 escudos, soit environ 1 à 1,50 €. Ils partent quand ils sont pleins, ce qui demande un peu de patience et constitue l'une des meilleures façons de voir la vie locale.

Bon à savoir pour ceux qui envisagent la location : selon le ministère des Affaires étrangères, le permis de conduire français est reconnu au Cap-Vert pendant 185 jours. Aucune démarche n'est donc nécessaire pour un séjour touristique.


Votre forfait français ne passe pas en itinérance

Le Cap-Vert étant hors Union européenne, l'itinérance incluse dans les forfaits français ne s'y applique pas. Les tarifs hors forfait sont élevés, et la facture peut surprendre au retour.

La solution tient en quelques euros : une carte SIM locale, avec 5 à 10 Go de données pour 4 à 10 €. Elle s'achète à l'aéroport ou en ville, et couvre largement un séjour d'une à deux semaines.

Pensez à désactiver les données en itinérance sur votre téléphone dès l'atterrissage, avant même d'avoir acheté la carte locale.


Pas besoin d'adaptateur électrique

Une bonne nouvelle, pour une fois : le Cap-Vert fonctionne en 220 volts, 50 Hz, avec des prises de type C et F. Les fiches françaises s'y insèrent directement.

Ni adaptateur ni convertisseur de tension ne sont nécessaires.


Les magasins ferment le dimanche

Beaucoup de commerces de Santa Maria et d'Espargos sont fermés le dimanche. Faites vos courses de la semaine le samedi après-midi, en particulier l'eau.

Des pharmacies existent à Santa Maria et à Espargos, mais leur stock est plus limité qu'en France. Emportez vos médicaments habituels en quantité suffisante, dans leur emballage d'origine.


Dans la valise : ce qu'on oublie toujours

Des chaussures d'eau, parce que plusieurs entrées dans la mer se font sur de la roche volcanique. Un sac étanche pour les excursions en bateau. Une crème solaire en quantité, car elle coûte nettement plus cher sur place qu'en France.


Pourboires et vendeurs de rue

Le pourboire est d'usage mais pas obligatoire : 5 à 10 % au restaurant suffisent largement.

Quant aux vendeurs de rue de Santa Maria, ils sont nombreux et rarement insistants si l'on est clair. Un « não, obrigado » poli, un sourire, et vous continuez votre chemin. Cela fonctionne mieux que d'éviter le regard.


Ce que Sal n'est pas

Sal n'est pas une île tropicale verte, et ce n'est pas non plus une destination shopping. C'est une île volcanique aride, tournée vers l'océan, le vent et les sports nautiques.

Qui part en cherchant la jungle sera déçu. Qui part en cherchant du vent, du sel et une eau impossible comprendra très vite pourquoi on y revient.