Se déplacer à Sal, Cap-Vert : taxi, aluguer, voiture
Sal possède exactement une route goudronnée qui compte. Elle relie Santa Maria, au sud, à Espargos et à l'aéroport, au centre de l'île. Tout le reste est du sable.
De là découle la seule vraie question de cette page : conduire vous-même, ou vous faire conduire ? La réponse dépend moins de votre budget que de l'endroit où vous voulez aller.
L'essentiel en chiffres
Dans Santa Maria, tout se fait à pied : le centre, la zone piétonne, le marché, le ponton et les restaurants de plage tiennent dans cinq à dix minutes de marche.
Sur l'axe goudronné, les taxis bleus et les aluguers suffisent.
Pour Buracona, Shark Bay ou Terra Boa, il faut un quatre-roues-motrices, un quad ou une excursion organisée. Ce ne sont pas des destinations qu'on atteint en voiture de tourisme.
De l'aéroport à l'hôtel
La station de taxis se trouve devant le hall d'arrivée, et les voitures bleues attendent sans réservation.
La course vers Santa Maria coûte 15 à 20 € en journée, soit 1 500 à 2 000 escudos, et 20 à 25 € pour les arrivées après 22 h. Vers Espargos, toute proche, comptez seulement 5 à 10 €.
Les taxis de Sal n'ont pas de compteur. Le prix se convient avant de charger les bagages, et c'est la pratique normale, pas une négociation gênante. On paie en espèces, en euros ou en escudos — mais payez en escudos si vous en avez, l'euro étant accepté à un taux défavorable.
Beaucoup de resorts tout compris proposent un transfert réservé à l'avance pour une vingtaine d'euros par trajet. Le taxi est souvent plus rapide : la navette attend plusieurs clients et dessert plusieurs hôtels avant le vôtre.
Pourquoi l'aluguer bon marché ne vous sortira pas de l'aéroport
Question logique, réponse décevante : les minibus collectifs circulent uniquement sur la route principale entre Espargos et Santa Maria. Le terminal de l'aéroport n'est pas desservi.
Il faudrait porter vos bagages jusqu'à la route et héler un bus — peu réaliste avec une grande valise, et de toute façon ces minibus ne prennent pas les gros bagages.
Gardez-les pour vos trajets des jours suivants, sans valise.
Les quatre façons de circuler
Les taxis bleus. Ils circulent à Santa Maria, Espargos et Palmeira, avec des stations devant les grands resorts, sur la place principale, au port de pêche de Palmeira et à l'aéroport. Une course dans Santa Maria coûte 3 à 5 €, un trajet vers l'aéroport ou Espargos 15 à 20 €. Après 22 h, comptez 5 € de plus sur les longues distances.
Les aluguers, ces minibus Toyota HiAce blancs, sont le transport public de l'île. Il n'y a pas d'arrêt fixe : on se poste au bord de la route et on lève la main. La place coûte 100 à 150 escudos, soit 1 à 1,50 €, payés à la descente. Le bus part quand il est plein, ce qui demande un peu de patience et constitue la meilleure façon de voir la vie locale.
La voiture de location se justifie pour un groupe qui veut son autonomie sur plusieurs jours. Il faut avoir 21 ans minimum. Une voiture simple coûte 40 à 60 € par jour, un quatre-roues-motrices 70 à 100 €. La responsabilité civile est incluse ; l'assurance tous risques ne couvre pas la conduite hors des routes revêtues, ce qui est précisément là où vous voudriez aller.
Scooters, quads et buggys. Un scooter revient à 25 à 40 € par jour et convient à Santa Maria et à la zone des resorts, mais devient dangereux sur le sable. Les quads et buggys coûtent 60 à 110 €. Le casque est obligatoire pour le conducteur comme pour le passager. Les dommages par retournement et l'abrasion par le sable sont généralement exclus des contrats. Prévoyez un tour de cou et des lunettes, et ne quittez pas les pistes balisées.
Le permis français est reconnu 185 jours
Bonne nouvelle pour les séjours touristiques : selon le ministère français des Affaires étrangères, le permis de conduire français est reconnu au Cap-Vert pendant 185 jours à compter de l'entrée sur le territoire. Au-delà, il faut l'échanger contre un permis cap-verdien.
Aucune démarche n'est donc nécessaire pour deux semaines de vacances. Le permis international n'est pas exigé par les loueurs, mais il peut simplifier un contrôle de police.
On roule à droite, et il n'existe aucun service de dépannage
Deux informations qui vont ensemble, et la seconde est la plus importante de cette page.
La conduite se fait à droite, comme en France. Les routes principales sont goudronnées ou pavées et dans un état relativement correct. Les pistes agricoles, en revanche, deviennent difficilement praticables pendant la saison humide, d'août à octobre.
Et surtout : il n'y a pas de service de dépannage au Cap-Vert. Aucun. Si vous ensablez une voiture de tourisme à vingt kilomètres de Santa Maria, personne ne viendra vous chercher sur appel. Vous dépendrez d'un véhicule qui passe, sur une piste où il peut ne rien passer pendant des heures.
Le ministère signale par ailleurs trois risques principaux : un code de la route inégalement respecté, l'état de la chaussée, et des animaux qui surgissent sans prévenir — surtout des ânes et des chiens aux abords des villages. En cas d'accident avec dégâts ou blessures, appelez immédiatement la police et faites établir un certificat médical.
Louer ou prendre un chauffeur : le calcul honnête
Posons les chiffres côte à côte pour une journée d'exploration.
En conduisant vous-même, un quatre-roues-motrices coûte 70 à 100 € par jour, plus 15 à 20 € de carburant : 85 à 120 € au total, auxquels s'ajoute le risque d'un pneu crevé ou d'un bas de caisse abîmé, non couverts.
Une excursion organisée revient à 20 à 30 € par personne.
Un quatre-roues-motrices privatisé avec chauffeur coûte 120 à 150 € pour quatre personnes maximum.
La conclusion dépend du nombre.
Pour un couple, l'excursion de groupe coûte 40 à 60 € contre 85 à 120 € en autonomie. L'écart est net, et le confort aussi.
Pour une famille de quatre, l'excursion revient à 80 à 120 € et le chauffeur privé à 120 à 150 € : à peu près le prix de la location, mais sans aucun des risques, et avec quelqu'un qui connaît chaque trou de sable.
Il y a aussi ce qu'un chauffeur local sait et qu'aucune carte ne dit. À l'intérieur de l'île, il n'y a pas de panneaux, et les applications de navigation envoient régulièrement les conducteurs en travers des salines. Le fameux Olho Azul de Buracona ne s'illumine que lorsque le soleil est haut, entre 11 h et 13 h : un guide organise sa journée en fonction de cette fenêtre, des marées et de l'arrivée des groupes de croisiéristes. Vous, probablement pas.
Si vous partez quand même sur les pistes
Quatre choses doivent être dans le véhicule.
De l'eau, plusieurs litres par personne. L'eau du robinet n'est pas potable et l'intérieur de l'île est inhabité.
Une batterie externe. Photos et navigation vident un téléphone en une demi-journée.
Des cartes hors ligne, téléchargées avant de partir. Le réseau mobile est faible ou absent à l'intérieur.
De la marge horaire. Il n'y a ni panneaux ni éclairage : rentrez de jour.
Questions fréquentes
Peut-on visiter Santa Maria à pied ? Oui, parfaitement. Centre, zone piétonne, marché municipal, ponton et restaurants de plage sont plats et groupés, à cinq ou dix minutes les uns des autres. Le soir, les rues centrales restent animées et éclairées ; évitez simplement les ruelles sombres en solitaire.
Comment reconnaître un taxi officiel ? Les taxis licenciés de Sal sont peints en bleu vif, portent une enseigne « Taxi » sur le toit et leur numéro d'enregistrement sur les portières. Ils pratiquent des prix fixes sans compteur.
L'aluguer mène-t-il aux plages ? Peu. Les minibus ne font que la route principale entre Espargos, Palmeira et le centre de Santa Maria, sans détour par les hôtels ni les criques. La plage principale de Santa Maria est à deux minutes à pied de l'arrêt central, mais pour Kite Beach, Ponta Preta ou Shark Bay, il faut un taxi bleu, un 4x4, un quad ou une excursion.
