Souvenirs à Sal, Cap-Vert : artisanat et vendeurs
Souvenirs à Sal : reconnaître l'artisanat local et gérer les vendeurs de rue
À Santa Maria, vous serez abordé. Souvent, aimablement, et avec une efficacité qui force le respect. Derrière ces approches, il n'y a aucune mauvaise intention : c'est de la vente, menée avec des entrées en matière bien rodées.
Reste une question que personne ne vous posera sur place : ce que vous achetez vient-il vraiment du Cap-Vert ? Dans une bonne partie des cas, la réponse est non.
L'essentiel en trois phrases
La vente de rue est directe et insistante, surtout dans le centre piéton de Santa Maria, devant les resorts et sur le ponton.
Une grande partie des souvenirs de rue arrive d'Afrique de l'Ouest continentale, pas des îles.
Le véritable artisanat cap-verdien existe et se trouve facilement : sel du cratère volcanique, grogue, figurines en terre cuite et tableaux de peintres de l'île.
Comment fonctionne la vente de rue à Santa Maria
L'activité se concentre sur quelques points précis : les rues piétonnes, dont la Rua 15 de Agosto, la place principale, les abords des resorts et le Pontão, le ponton.
Quatre entrées en matière reviennent constamment, et les reconnaître suffit à ne plus être pris au dépourvu.
« Where are you from ? » Beaucoup de vendeurs devinent votre nationalité et passent d'une langue européenne à l'autre. Si vous ne répondez pas, un « My friend ! » ou un « No stress ! » suivra.
Le regard libre. On vous invite à simplement regarder, ou à « porter chance pour l'ouverture ».
L'atelier familial. On vous propose de vous conduire vers un marché local caché ou un atelier d'artisanat. Ne suivez pas un inconnu dans une ruelle non éclairée.
Le bracelet offert. On vous noue un bracelet tressé au poignet ou on vous glisse une petite sculpture dans la main. La demande de paiement vient juste après.
Beaucoup de vendeurs viennent du Sénégal et parlent français
Un détail que les guides omettent et qui change l'ambiance de l'échange.
Une grande partie des vendeurs de rue de Sal vient d'Afrique de l'Ouest continentale : Sénégal, Guinée-Bissau et Gambie. La marchandise suit le même chemin, par conteneur depuis le continent.
Pour un voyageur français, cela a une conséquence agréable : beaucoup de ces vendeurs parlent français, parfois très bien. La conversation devient alors nettement plus intéressante que l'échange commercial, surtout si vous demandez d'où viennent réellement les objets. La plupart vous le diront sans détour.
Dire non sans être désagréable
La formule locale est « não, obrigado », en portugais, avec un sourire et un geste de la main. Elle fonctionne mieux que le français, parce qu'elle montre que vous savez où vous êtes.
Deux règles pratiques. Ne vous arrêtez pas si vous n'êtes pas intéressé : s'arrêter est le premier pas de la vente. Et n'acceptez aucun cadeau, bracelet compris.
Ce n'est ni de la méfiance ni de l'impolitesse. Les vendeurs eux-mêmes comprennent parfaitement un refus clair ; ce qu'ils exploitent, c'est l'hésitation.
Reconnaître l'artisanat cap-verdien de l'importation
La règle est simple : si c'est en bois lourd et que ça représente un animal de savane, ce n'est pas cap-verdien.
Les girafes, lions et éléphants sculptés arrivent par conteneur du Sénégal, de Gambie ou de Guinée-Bissau. Il en va de même pour les masques de cérémonie africains et les colliers de perles fabriqués en série. Rien de tout cela n'a de lien avec un archipel atlantique sans grande faune terrestre.
Les vrais souvenirs cap-verdiens sont au nombre de quatre.
Le sel volcanique de Pedra de Lume. Sel de bain riche en minéraux, gommages corporels et cristaux bruts, issus des salines du cratère effondré. C'est le souvenir le plus caractéristique de l'île, et le plus léger à transporter.
Le grogue et le pontche. Le grogue est l'eau-de-vie de canne à sucre traditionnelle. Le pontche en est la version douce, aux fruits et au miel.
Les tableaux de sable et les peintures à l'huile. Toiles peintes à la main, parfois avec du sable de l'île, représentant les côtes, les femmes de l'archipel et la morabeza, cette hospitalité cap-verdienne qui n'a pas d'équivalent exact en français.
Les tortues en terre cuite et la céramique. Petites tortues marines et poteries façonnées par des artisans de l'île.
Où trouver les vrais artisans
Trois adresses suffisent.
Le Mercado Municipal de Santa Maria, le marché couvert, à quelques minutes à pied de la place principale. Au rez-de-chaussée : fruits, légumes et poisson. À l'étage : les stands d'artisans déclarés et les ateliers de peintres. C'est là qu'il faut monter.
Les boutiques de Pedra de Lume, à l'entrée du tunnel qui traverse la paroi du cratère, pour le sel conditionné et les produits de bain.
La promenade de bord de mer de Santa Maria, où des peintres et artisans indépendants travaillent directement devant vous.
Ce qu'est un prix juste, et où l'on marchande
Les ordres de grandeur, en euros.
Une petite tortue en terre cuite ou un petit objet : 3 à 5 €, soit 300 à 500 escudos. Un tableau de sable ou une peinture à l'huile faits main : 15 à 40 € selon la taille et la finesse. Un paquet de sel de Pedra de Lume : 2 à 5 €. Une bouteille de grogue ou de pontche : 8 à 15 € dans une boutique locale.
On marchande sur les étals informels et les marchés à souvenirs : une petite remise ou un prix de lot fait partie de l'échange. On ne marchande pas dans les magasins, les supermarchés, les pharmacies, aux étals de fruits et légumes, ni au restaurant, où les prix sont fixes.
Un bon prix est celui qui respecte le temps de travail et le savoir-faire de l'artisan. Négocier un tableau peint à la main jusqu'à la moitié de son prix n'est pas une victoire.
Rapporter du grogue : un litre, et en soute
Le point que personne ne vérifie avant de partir, et qui se règle à l'arrivée à l'aéroport.
Le Cap-Vert est un pays tiers pour la douane française. Les franchises applicables sont donc celles hors Union européenne, et elles sont précises.
Pour un voyageur de 17 ans ou plus arrivant par avion : 1 litre de spiritueux titrant plus de 22 % vol, ou 2 litres pour les boissons à 22 % ou moins. Ces quantités ne se cumulent pas entre elles.
Le grogue titre généralement bien au-dessus de 22 % : comptez donc une seule bouteille d'un litre. Le pontche, plus doux, se situe souvent sous ce seuil, mais vérifiez l'étiquette plutôt que de supposer.
S'ajoute une franchise de 430 € pour l'ensemble des autres marchandises, par voie aérienne, à partir de 15 ans. Pour des souvenirs à 5 ou 40 € pièce, vous n'en approcherez pas.
Dernier réflexe, et il est purement pratique : le grogue voyage en bagage en soute. La règle des 100 millilitres en cabine s'applique comme partout ailleurs. Une bouteille achetée en ville et oubliée dans le bagage à main reste au contrôle. Le sel, lui, passe sans difficulté.
Ne donnez pas d'argent aux enfants qui mendient
Des affiches officielles, au marché, sur la place principale et dans les rues piétonnes, demandent aux visiteurs de ne donner aux enfants ni argent ni sucreries. La raison tient en une phrase : l'argent gagné dans la rue éloigne les enfants de l'école.
Pour aider réellement, deux voies existent. La Câmara Municipal do Sal et des associations locales reconnues organisent repas, soutien scolaire et programmes pour les jeunes. Et les dons en nature — fournitures scolaires, livres, matériel de sport — remis directement à une école ou à un centre communautaire atteignent les enfants dans un cadre encadré.
Le soir, restez sur les rues éclairées
Santa Maria est considérée comme très sûre, y compris pour une femme voyageant seule. Les sollicitations dans les zones piétonnes sont des tentatives de vente, rien d'autre.
Deux précautions suffisent. Déclinez les propositions de guides improvisés vers des marchés d'arrière-cour ou des « ateliers privés » à l'écart, et restez sur les rues et promenades éclairées et fréquentées.
Laissez passeport, cartes bancaires et grosses coupures au coffre de l'hôtel, et ne sortez qu'avec l'argent nécessaire, dans une poche avant ou un sac porté devant.
