Prix à Sal, Cap-Vert : budget, coûts et astuces
Sal n'est ni une destination bon marché ni une destination chère. C'est une île à deux vitesses, où le même repas peut coûter 5 € ou 30 € selon l'endroit où vous vous asseyez, à quelques rues d'écart.
Voici les prix réels, poste par poste, et surtout les deux pièges financiers qui attendent spécifiquement les voyageurs français.
L'essentiel en chiffres
La monnaie est l'escudo cap-verdien (CVE), lié à l'euro à un taux fixe de 1 € = 110,265 CVE. Dans la vie courante, on compte souvent 1 € = 100 CVE, et cette différence n'est pas anodine.
Les hôtels, les resorts et les restaurants touristiques acceptent la carte. Les taxis, les petits établissements et les marchands de rue fonctionnent exclusivement en espèces.
Comptez un budget journalier de 40 à 70 € par personne si vous mangez local et prenez les transports collectifs, et de 120 € et plus si vous enchaînez restaurants de resort et excursions.
Le premier piège : payer en euros vous coûte environ 10 %
L'euro est accepté presque partout sur Sal, et c'est précisément ce qui rend le piège facile à tomber dedans.
Le taux officiel est de 110,265 escudos pour un euro. Le taux pratiqué dans les commerces tourne autour de 100 escudos. En payant en euros, vous obtenez donc pour 1 € ce qui en vaut 1,10 : soit un surcoût d'environ 10 % sur tout ce que vous réglez de cette façon.
Sur une semaine à 60 € de dépenses quotidiennes, cela représente une quarantaine d'euros. L'équivalent d'un dîner pour deux.
Autre conséquence : la monnaie vous est toujours rendue en escudos. Vous repartirez donc avec des billets locaux difficiles à rechanger en France.
Le second piège : les frais de votre carte hors zone euro
Celui-là est invisible jusqu'au relevé bancaire, et il est propre aux voyageurs français.
Le Cap-Vert ne fait pas partie de la zone euro. Les banques françaises appliquent donc leurs tarifs « hors zone euro », qui se cumulent en trois couches : une commission fixe de 0 à 3,50 € par opération, une commission variable de 0 à 2,90 %, et des frais de change de 0,30 à 4 %.
Dans le pire des cas, un retrait de 200 € peut donc vous coûter près de 17 € de frais, soit plus de 8 %. À cela s'ajoutent les 3 € environ prélevés par le distributeur local lui-même.
À l'inverse, plusieurs banques ne facturent rien hors zone euro : Fortuneo, Boursobank et Trade Republic proposent des cartes sans frais à l'étranger. Si vous en possédez une, c'est elle qu'il faut emporter.
Ce qui en découle pour votre portefeuille
Faisons le calcul, parce qu'il renverse le conseil que l'on lit partout.
Si vous avez une carte sans frais à l'étranger, retirez des escudos sur place. Un retrait de 300 € ne vous coûtera que les 3 € du distributeur, soit 1 %. C'est dix fois moins cher que de payer en euros au taux de 100.
Si vous n'avez qu'une carte bancaire classique, les deux options se valent à peu près, et emporter des euros en espèces depuis la France redevient défendable. Dans ce cas, limitez-vous à deux ou trois gros retraits plutôt qu'à dix petits : les commissions fixes font le reste du travail.
Dans tous les cas, payez en escudos plutôt qu'en euros dès que vous avez des espèces locales.
Un dernier point : les distributeurs du réseau Vinti4 se trouvent à Santa Maria, Espargos et Palmeira. Visa fonctionne partout ; Mastercard pose parfois problème. Prévoyez une solution de secours.
Manger : de la tasca au homard
C'est le poste où l'écart est le plus spectaculaire.
Au petit déjeuner, comptez 2 à 4 € dans une boulangerie ou une tasca, 5 à 8 € dans un café touristique, et 12 à 20 € pour un buffet d'hôtel si vous n'y logez pas.
Au déjeuner, un plat avec boisson revient à 5 à 8 € en tasca, 10 à 16 € dans un restaurant touristique, et 20 à 35 € en resort.
Au dîner, deux plats avec boissons coûtent 8 à 14 € en tasca, 18 à 30 € dans un restaurant touristique, et 40 à 70 € et plus en gastronomique.
Pour les petites choses : un café avec viennoiserie coûte 1 à 1,50 €, une bière locale de 33 cl 1,50 à 3 €, une bouteille d'eau 1 à 2 €. La cachupa, le ragoût national, se mange pour 4 à 5 € dans une tasca. Un poisson grillé dans un restaurant touristique monte à 10 à 18 €.
Les cocktails suivent la même logique : 3,50 à 5 € dans un bar de quartier, 6 à 9 € sur la promenade, 10 à 15 € dans un lounge de resort.
Se déplacer
Les taxis n'ont pas de compteur : le prix se convient avant de monter, et c'est une pratique normale.
Une course dans Santa Maria coûte 3 à 5 €. Santa Maria vers l'aéroport revient à 15 à 20 € en journée, 20 à 25 € après 22 h. Santa Maria vers Espargos ou Palmeira se situe aussi autour de 15 à 20 € par trajet.
Les aluguers, les minibus collectifs, changent complètement l'échelle : 100 à 150 escudos, soit environ 1 à 1,50 €, pour Santa Maria–Espargos. Espargos–Palmeira coûte à peu près 1 €.
Côté location, une voiture simple revient à 40 à 60 € par jour hors carburant et caution, un quatre-roues-motrices à 70 à 100 €, un scooter à 25 à 40 €, un quad ou un buggy à 60 à 110 €.
Excursions et activités
Le tour de l'île classique en véhicule tout-terrain ou minibus coûte 20 à 30 € par personne, auxquels s'ajoutent les entrées.
Ces entrées sont modestes : Pedra de Lume 6 € plus 1 € pour la douche, Buracona 3 €, et Shark Bay gratuit, avec 2 à 3 € de location de chaussures. Prévoyez donc une douzaine d'euros par personne en petite monnaie pour la journée.
Sur l'eau, une sortie en catamaran d'une demi-journée revient à 40 à 60 € par personne, un baptême de plongée à 115 € avec initiation en piscine, et les photos ou vidéos à environ 30 € de plus.
Pour le kitesurf, comptez 50 à 80 € l'heure de cours, 250 à 400 € pour un stage débutant de plusieurs jours, et 10 à 15 € par jour d'accès à Kite Beach, qui couvre le stockage du matériel et la sécurité.
Côté terre, une safari en quad ou buggy de deux à quatre heures coûte 60 à 110 € par véhicule, une sortie nocturne d'observation des tortues, de juillet à octobre, 25 à 35 € par personne, et la tyrolienne entre 9 et 25 €.
Le supermarché réserve des surprises
C'est là que les visiteurs européens sursautent, parce que presque tout est importé.
Le lait frais coûte 2 à 2,80 € le litre, le lait UHT environ 1,50 €. Un pack de six bouteilles d'eau d'1,5 litre revient à 4 à 6 €. Le fromage et la charcuterie tournent autour de 4 à 7 € le paquet, les fruits entre 3,50 et 5 € le kilo.
Le record revient à la crème solaire : 18 à 25 € les 200 ml. Sur une île où l'indice UV est élevé toute l'année et où vous en consommerez beaucoup, c'est un poste à préparer depuis la France.
Cinq façons de dépenser moins
Emportez la bonne carte bancaire. C'est l'économie la plus importante de cette page, et elle se décide avant le départ.
Mangez une fois par jour dans une tasca. L'écart avec un restaurant touristique est de dix à vingt euros par repas, et la cuisine y est souvent meilleure.
Prenez les aluguers en journée. Un à deux euros contre quinze à vingt en taxi pour le même trajet.
Mettez la crème solaire et les cosmétiques dans la valise. Vous économiserez facilement vingt euros dès le premier achat.
Gardez de la petite monnaie pour les entrées. Pedra de Lume, Buracona et Shark Bay se règlent en espèces, pour une douzaine d'euros par personne au total.
En planifiant ainsi, Sal cesse d'être une île chère pour devenir une île qui a quelque chose à offrir à chaque budget.
